Patrice Delbourg

Accueil Presse Le Point - Novembre 2010
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Logo Le PointLe Point (François-Guillaume Lorrain) - Novembre 2010

Delbourg dévore Cendrars

Pas facile de ceinturer le bourlingueur Cendrars et sa " masse poétique étincelante dédiée à l'archipel de l'insomnie ", résumait Henry Miller. Il fallait bien cet infatigable chahuteur de vocables qu'est Patrice Delbourg pour attaquer les parois du Suisse prolifique certes manchot, mais virtuose de la plume. Delbourg a des passions simples : le football, les calembours et Cendrars, décliné ici en 26 lettres d'un abécédaire définitif qui dit bien à quel point l'auteur de " La prose du Transsibérien " fut " un homme d'appétit, de fringales, de désir, écriveur sans relâche, scribe d'encre ".
Delbourg danse le rigodon sur la page, étincelant de trouvailles, pour raconter l'une des aventures terrestres et littéraires du XXe : globe-trotteur vorace, inspirateur d'Apollinaire, soldat de tranchées, reporter au Brésil... La rencontre Delbourg-Cendrars, c'est France-Brésil 1986, tant l'auteur des " Jongleurs de mots " a trouvé son modèle dans cet esprit libre et mythomane, bouffeur d'histoires. Pour qui douterait de la forme de Delbourg, on recommande " L'homme aux lacets défaits ", qui suit les zigzags de Lucien Gaulard, électricien génial éclipsé par Edison. Son goût pour les losers magnifiques s'en trouve confirmé.
François-Guillaume Lorrain

 

Max Jacob,
un drôle de paroissien


Le Castor Astral
(Janvier 2014)

 

Photo Max Jacob, un drôle de paroissien

 

Entre facétie et désespoir, entre besoin de sainteté et tentations charnelles, Max Jacob n’a cessé de promener son innocence canaille en terre de poésie. Toute son existence fut un périlleux exercice d’équilibre funambulesque. Jamais le poète ne se prit au sérieux. Mais la vie est chose rigoureuse, la mort en est l’enjeu.
Enchanteur fantasque, ami de Picasso et Apollinaire, il a passé sa vie à brouiller les pistes en une étourdissante geste serpentine. Astreint au port de l'étoile jaune, arrêté par les Allemands le 24 février 1944, il meurt d'une congestion pulmonaire au camp de la Muette, à Drancy, le 5 mars suivant.
Dans un portrait mosaïque plus qu'une biographie, Patrice Delbourg redonne vie au pince-sans-rire qui fut à la fois une nouvelle incarnation du juif errant, un archange foudroyé, un réfractaire, un homme de chair et un mystique profond, un conteur et épistolier au lyrisme ébouriffé, un fantaisiste éblouissant.