Patrice Delbourg

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Roman

Signe particulier endurance

Signe particulier endurance

Le Castor Astral - août 2007

Juillet 1956. Nous sommes à Vence, cité dite « des arts et des fleurs », située dans le moyen pays niçois, au pied des Baous. Là où mourut D. H. Lawrence en 1930, terrassé par la tuberculose. L’air y est exceptionnellement bon et tonique. Les sanatoriums y fleurissent comme des mimosas. En plein babyboom, la face cachée des outsiders de la littérature de l’après guerre vient se faire soigner les poumons sous les cieux cléments de la petite cité médiévale. Si certains comme Raymond Guérin n’auront pas les temps de rejoindre Vence comme prévu, on croise ici les ombres d’Henri Calet, Paul Gadenne ou Albert Paraz (le paria immergé dans la réhabilitation de Louis Ferdinand Céline), tandis que d’autres – plus chanceux – ne sont là qu’en villégiature (Paulhan, venu se reposer chez Dubuffet, ou Prévert). On côtoie tout autant Henri Salvador et Blaise Cendrars que l’anarchiste Louis Lecoin ou Célestin Freinet en conflit avec la municipalité pour faire admettre sa pédagogie. Ou encore Alphonse Boudard, Chagall, Delteil, Sylvia Plath, Gombrowicz et Henry Miller, en quête d’une maison. Loin des turbulences de la peau du monde, la petite ville de Vence s’apparente à une miniopérette de la fièvre, scandée par de répétitifs « Hôpital Silence ». Une cure en viager pour certains, même si le soir venu il se passe d’étranges choses dans cet univers de réclusion. Cette armée des ombres, voûtée, ployée sous la toux, est vue par Aurélien, un adolescent en totale rupture familiale. La fréquentation de ces êtres séquestrés, célèbres ou non, désemparés dans leur chair, touchés par le charme délétère de Vence, l’aidera à commencer son métier d’homme.


Le Castor Astral
août 2007 / 16 cm x 24 cm / 224 pages
Collection Littératures
ISBN 2859207252

 

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Max Jacob,
un drôle de paroissien


Le Castor Astral
(Janvier 2014)

 

Photo Max Jacob, un drôle de paroissien

 

Entre facétie et désespoir, entre besoin de sainteté et tentations charnelles, Max Jacob n’a cessé de promener son innocence canaille en terre de poésie. Toute son existence fut un périlleux exercice d’équilibre funambulesque. Jamais le poète ne se prit au sérieux. Mais la vie est chose rigoureuse, la mort en est l’enjeu.
Enchanteur fantasque, ami de Picasso et Apollinaire, il a passé sa vie à brouiller les pistes en une étourdissante geste serpentine. Astreint au port de l'étoile jaune, arrêté par les Allemands le 24 février 1944, il meurt d'une congestion pulmonaire au camp de la Muette, à Drancy, le 5 mars suivant.
Dans un portrait mosaïque plus qu'une biographie, Patrice Delbourg redonne vie au pince-sans-rire qui fut à la fois une nouvelle incarnation du juif errant, un archange foudroyé, un réfractaire, un homme de chair et un mystique profond, un conteur et épistolier au lyrisme ébouriffé, un fantaisiste éblouissant.